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8 min de lecturePar BPMoov

Cape Town 2026 : Esa pulvérise le record africain en 2h04:55, Kipchoge lance son tour mondial

TL;DR. Le 24 mai 2026, le marathon de Cape Town a livré la plus grosse semaine running du printemps : Huseyidin Mohamed Esa s'impose en 2h04:55, signe le premier sous-2h05 de l'histoire d'un marathon couru en Afrique, et bat le record du parcours de plus de trois minutes. Côté femmes, Dera Dida gagne en 2h23:18 dans un podium 100 % éthiopien. Et au milieu du peloton, Eliud Kipchoge termine 16e en 2h13:29 — sa première étape sur un projet inédit : sept marathons sur les sept continents.

C'est la course qu'on n'attendait pas. Ou plutôt — c'est la course qu'on attendait pour deux raisons (Kipchoge revient, Cape Town candidate aux Majors), et qui en a livré une troisième que personne n'avait sur sa carte de bingo : un record africain "all-comers" en 2h04:55.

Cape Town Marathon, dimanche 24 mai 2026, 17e édition. Une journée qui, en quelques heures, a redessiné la conversation autour du marathon mondial 2026.


2h04:55 : Esa et le premier sous-2h05 jamais couru en Afrique

L'Éthiopien Huseyidin Mohamed Esa a franchi la ligne en 2h04:55. Sur le papier, ça paraît un peu en retrait des chronos de printemps qu'on voit à Londres ou Boston. Sur le terrain africain, c'est historique.

Trois statistiques pour comprendre :

  • 3 minutes 21 retranchées au précédent record du parcours, signé Abdisa Tola en 2h08:16 (2024).
  • Premier marathon sous 2h05 jamais couru à Cape Town.
  • Record africain "all-comers" sur un parcours homologué World Athletics — le chrono le plus rapide jamais signé sur le continent africain.

Esa a dû arracher la victoire 4 secondes devant son compatriote Yihunilign Adane (2h04:59), avec le Kényan Kalipus Lomwai au pied du podium en 2h05:06. Pour Esa, c'est aussi une revanche éclatante : c'est son premier titre majeur sur marathon après des deuxièmes places à Tokyo 2023, Boston et Chicago 2024, et un abandon à Boston en avril dernier. Le coureur qui finissait deuxième partout vient de signer une démonstration.

À noter pour ceux qui suivent le matériel : la pluie de records à Cape Town tombe avec les mêmes outils que ceux qui ont marqué Londres en avril — les nouvelles plateformes carbone qu'on a vues sur Sabastian Sawe et son sub-2 heures et l'Adidas Adios Pro Evo 3.


Dera Dida et le triplé éthiopien chez les femmes

Chez les femmes, la course a été plus serrée mais le résultat aussi catégorique. Dera Dida s'impose en 2h23:18, devant ses compatriotes Mestawut Fikir (2h23:46) et Waganesh Amare (2h23:57). Trois Éthiopiennes en moins d'une minute, podium 100 % éthiopien.

Dida n'est pas une nouvelle venue. Mais ce dimanche 24 mai, elle inscrit Cape Town à son tableau de chasse, et confirme que la profondeur du marathon féminin éthiopien reste impressionnante en 2026.


Kipchoge 16e en 2h13:29 : le tour mondial est lancé

Au milieu du peloton, à plus de huit minutes du vainqueur, un homme de 41 ans s'est aligné — pour la première fois de sa carrière — sur un marathon couru en Afrique. Eliud Kipchoge, double champion olympique, ancien recordman du monde, finit 16e en 2h13:29.

Le chrono est largement en deçà de ce dont Kipchoge est capable au sommet de sa forme. Mais ce dimanche n'était pas une course pour gagner : c'était la première étape de « Eliud's World Tour », un projet personnel qu'il a annoncé fin 2025 et qui vise à courir sept marathons sur les sept continents d'ici deux ans.

« Il est temps de courir en Afrique » — la phrase qu'il avait posée pour annoncer Cape Town. C'était sa toute première participation à un marathon sur son continent.

Six mois sans course, 41 ans, et un format qui n'est ni une retraite ni une dernière course : Kipchoge invente la suite de sa carrière en mode « athlète-projet ». L'argent collecté à chaque étape va vers la Eliud Kipchoge Foundation (éducation et environnement).


7 marathons, 7 continents : ce qui attend Kipchoge

Cape Town était la première étape. Voici la suite annoncée du World Tour :

  • Afrique ✅ — Cape Town, 24 mai 2026
  • Amérique du Sud — Marathon de Porto Alegre (Brésil), 12 juillet 2026
  • Asie, Océanie, Europe, Amérique du Nord, Antarctique — sept villes, sept continents, calendrier en construction. Abu Dhabi, Perth (Australie), Algarve (Portugal), Cartagena (Colombie), Miami et Wolf's Fang en Antarctique font partie des destinations pressenties.

C'est un format qu'on n'avait jamais vu chez un marathonien élite. Ni un tour d'adieu, ni une vraie chasse aux chronos, ni un format de spectacle. Plutôt un « tour du monde par les marathons » — qui raconte une carrière, fait avancer une fondation, et garde le coureur dans la course sans la pression du podium.


Cape Town et la 7e étoile : la candidature Majors avance

Au-delà du chrono, il y a une histoire de fond à Cape Town. La course est officiellement en lice pour devenir le 7e World Marathon Major, et 2026 a tout fait pour avancer le dossier.

Trois éléments à retenir :

  1. Tous les finishers 2026 reçoivent une étoile Abbott World Marathon Majors provisoire. Si Cape Town est admise dans la famille Majors en 2027, cette étoile se convertit en étoile reconnue — et compte pour la collection des « Six Star » finishers.
  2. La course a basculé de la rentrée vers le printemps austral (mai) pour échapper aux vents violents de septembre. L'édition 2025 avait été annulée à cause de conditions météo extrêmes.
  3. Le plateau élite 2026 — avec Kipchoge, Esa, Dida et un peloton de talents éthiopiens et kényans — était clairement construit pour démontrer que Cape Town joue dans la même cour que Berlin, Boston ou Chicago.

Bref : Cape Town veut sa place. Et un record africain en 2h04:55 le jour où Kipchoge est sur la ligne de départ, c'est exactement le genre d'argument qu'il fallait pousser sur la table.


Pourquoi tout ça compte pour un coureur français

Cape Town, sur le papier, c'est loin. Concrètement, plus de dix heures de vol depuis Paris, escale obligatoire ou presque, et un marathon qui s'organise en parallèle de la saison française.

Mais cette édition 2026 va peser sur plusieurs aspects qui touchent directement les coureurs amateurs :

  • La carte des Majors évolue. Si Cape Town entre dans la famille en 2027, le challenge « Six Star » devient un « Seven Star ». Pour les coureurs français qui collectionnent les Majors, c'est un dossard supplémentaire à viser — et probablement un de plus accessible que Boston (qui demande un BQ très exigeant).
  • Le format « World Tour » de Kipchoge invente un autre récit de carrière. On ne court plus seulement pour battre un chrono : on court une histoire. Ça ouvre la porte à des projets perso — terminer chaque marathon d'une saison, courir un marathon par continent visité, faire un « tour » personnel.
  • Le niveau des élites continue de grimper. Quand un sous-2h05 devient possible à Cape Town, le record du monde de Sabastian Sawe en avril (1h59:30) cesse d'être une anomalie absolue : il devient le point haut d'une vague.

Si tu commences à imaginer ton premier marathon ou ton prochain, le contexte mondial est utile à connaître — pas pour t'angoisser sur ton allure, mais pour comprendre que le sport évolue vite, que les chronos référence changent, et que les calendriers s'élargissent.


FAQ — Tout ce que tu te demandes sur Cape Town 2026

Qui a gagné le marathon de Cape Town 2026 ?

Huseyidin Mohamed Esa (Éthiopie) a gagné le marathon de Cape Town 2026 en 2h04:55 chez les hommes, et Dera Dida (Éthiopie) chez les femmes en 2h23:18, le dimanche 24 mai 2026.

Pourquoi le chrono d'Esa est-il historique ?

C'est le premier marathon sous 2h05 jamais couru sur le continent africain sur un parcours homologué, et un record africain « all-comers ». Il bat le précédent record du parcours (Abdisa Tola, 2h08:16, 2024) de plus de trois minutes.

Où s'est classé Eliud Kipchoge ?

Eliud Kipchoge a fini 16e en 2h13:29. C'était sa première course en marathon depuis plus de six mois, et sa première participation à un marathon en Afrique en carrière.

Qu'est-ce que « Eliud's World Tour » ?

C'est un projet personnel d'Eliud Kipchoge : courir sept marathons sur les sept continents en deux ans, pour célébrer le running et lever des fonds pour sa fondation. Cape Town était l'étape 1. La prochaine est le marathon de Porto Alegre (Brésil), le 12 juillet 2026.

Cape Town va-t-il devenir un World Marathon Major ?

C'est en discussion. Les finishers de l'édition 2026 reçoivent une étoile Abbott World Marathon Majors provisoire : si Cape Town est admis à la famille Majors en 2027, cette étoile devient officielle. La candidature avance, mais aucune décision n'a encore été annoncée.

Pourquoi Cape Town se court-il en mai et plus en septembre ?

Pour échapper aux vents violents de septembre qui frappent la péninsule du Cap. L'édition 2025 avait été annulée à cause de conditions météo extrêmes. Le passage à mai permet aussi un peloton élite plus large (en automne austral, donc fraîcheur idéale).


Pour aller plus loin

Cape Town 2026 va rester comme la course qui a aligné le record africain, le retour de Kipchoge sur son continent, et la candidature aux Majors qui avance. Une journée dense — et qui dit, à sa manière, ce que sera la suite de la saison.

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